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Le Château de Simiane à Valréas

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Historique

L’Hôtel de Simiane est érigé sur les vestiges d’une ancienne demeure qui aurait été construite par la famille des Montauban au XIIIe siècle. Hugues Aymeric fit construire au XIVe siècle les deux corps de bâtiment encore visibles le long de la rue de l’Hôtel de ville. Il y a en revanche peu de traces des travaux réalisés aux XVe et XVIe siècles par la famille Truchenu. L’essentiel de l’édifice actuel a été bâti en 1639-1640 par l’entrepreneur cavaillonnais Bernard Moureau sur les plans de l’architecte avignonnais François Royer de la Valfenière pour Louis de Simiane (on doit à cet architecte avignonnais de nombreux édifices dans le Comtat, notamment l’évêché de Carpentras). Ce n’est que vers 1780 que la symétrie de la composition fut parachevée avec le remplacement d’un vieux bâtiment par l’aile sud (architecte avignonnais Franque qui a réalisé également les plans de l’évêché de Viviers).

Le château de Simiane abrite en 1823 le collège et la Justice de Paix. Ce n’est qu’en 1843, sur ordonnance du Roi Louis Philippe que la ville de Valréas est autorisée à acheter ledit Hôtel de Simiane, qui devient alors l’Hôtel de Ville de Valréas et le bureau de Poste. En 1913, le Château de Simiane est classé monument historique.

L’édifice aujourd’hui se compose de deux parties bien distinctes.

A l’ouest, l’aile oblique du XIVe siècle comprend deux bâtiments alignés, dont le plus important abrite une salle par étage. Au rez-de-chaussée, se trouve la salle basse, au premier étage, la salle dite Saint-Cristou où des fenêtres en brisé à remplage (il n’en reste qu’une murée sur la façade sud) l’éclairaient. Enfin le dernier étage abrite la salle Scharff dans laquelle à l’origine, le toit à quatre pans de ce bâtiment porté par un ensemble d’arcs diaphragme en charpentes aux assemblages complexes, datant du XIVe siècle, couvrait cette salle. De là, un passage dérobé, porté par le grand arc qui enjambe la rue de l’Hôtel de Ville, conduisait à des bâtiments disparus (grenier à foin, écuries).

Au centre, le corps principal de l’Hôtel occupe toute la largeur du terrain. Ses deux ailes en retour, symétriques, encadrent la cour d’honneur. Il possède un portique d’ordre dorique imitant le Colisée, rappel des années de formation à Rome de l’architecte. Les fenêtres des façades étaient d’ailleurs à cette époque dite « à la romaine ». L’escalier central, couronné par un belvédère, conduit à la galerie du 1er et 2e étage. C’est un escalier à volées parallèles comme on en voit depuis le siècle précédent. Au rez-de-chaussée, le portique ouvre au sud la salle basse de l’aile médiévale et au nord sur un escalier ajouté au XIXe siècle qui sépare la cuisine et ses annexes, voutées d’arêtes, des dépendances de l’aile en retour (salle des domestiques, boulangerie, saloir, dépense).

Salle Saint Cristou

Elle porterait le nom en provençal, de Saint Christophe, saint patron de l’église de Simiane, berceau des anciens châtelains. Cette salle n’a guère changé depuis son réaménagement vers 1639 pour le mariage de Louis II de Simiane avec Louise de Monteynard. Elle était à cette époque la salle principale de l’hôtel médiéval encore peu altéré.

On s’est peut-être alors décidé pour l’occasion à remplacer les vieilles fenêtres à remplage par les triples croisées actuelles et à repeindre l’intérieur. La frise de la salle est la seule œuvre qui soit conservée. Elle célèbre cette union avec verdeur dans le plus grand des cartouches, au-dessus duquel deux putti (anges) portent les armoiries des conjoints.

L’inventaire des biens de leur fils Charles-Louis en 1661 décrit l’ensemble de la salle, avec sa cheminée en gypserie (disparue), les sept tapisseries de Flandres représentant l’histoire d’Alexandre, les douze fauteuils recouverts de velours vert, les douze caquetoires (fauteuils légers) recouvertes de moquette, les tables, dont une pliante en demi-lune, les tabourets, un banc.

Comme alors, cette salle ouvre encore sur la chapelle couverte d’une coupole en gypserie (pierre à plâtre). Mais elle a perdu les garnitures en cuir doré de son autel, son retable de la Sainte Famille, ses ornements ainsi que ses vêtements liturgiques.

Salle Sharff

Victor Sharff est né à Vienne en Autriche. Marié à une Valréassienne, il a vécu à Valréas de 1932 à 1943. Les tableaux et le mobilier dont deux commodes Empire, un piano carré en bois de citronnier, un piano à queue ont été légués par Madame Cushmann, Americaine, fille de M. et de Mme Scharff. La salle qui porte son nom possède une charpente à l’ossature particulière en châtaignier (en partie du XIVe siècle).

Françoise-Pauline d’Adhémar de Monteil de Grignan, née à Paris le 9 septembre 1674, baptisée le 13 du même mois en l’église Saint-Paul, eut pour parrain le Cardinal de Retz et pour marraine la Princesse d’Harcourt, dont le mari était cousin de M. de Grignan. Elle mourut à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) le 2 juillet 1737, où elle est enterrée dans l’ancien couvent des Visitandines aux côtés de sa sœur Blanche.

Elle épousa à Grignan dans la collégiale du château, le 29 novembre 1695 et par contrat du 28 novembre, Louis de Simiane de Claret, 3e Marquis de Simiane, chevalier, Marquis d’Esparron et de Chalençon, Arnoyon, Seigneur de Truchenu, Baron de laBaume, de Trancy, des Vigneaux et autres lieux ; Lieutenant Général pour le Roi en Provence, né à Valréas en 1671, décédé à Paris le 23 février 1718.

Pauline de Simiane fut dame de compagnie de la Duchesse d’Orléans après la mort de son mari (1718). En 1720, elle fut l’une des quatre dames choisies pour accompagner, jusqu’à Antibes, Mlle de Valois, fille du Régent, qui s’en allait épouser le Duc de Modène. A partir de cette année, elle se fixa en Provence dans sa maison de campagne de Belombres. Elle avait dû se résoudre, le 16 juillet 1719, à vendre le château de Bourbilly en Bourgogne qui depuis plus de trois siècles était resté la propriété de ses ancêtres. Dans sa retraite, elle écrivit beaucoup de lettres dont on ne connaît qu’une faible partie. Son plus grand titre littéraire est d’avoir décidé de publier les lettres de sa grand-mère, Madame de Sévigné. Pauline de Simiane eut quatre enfants dont trois filles seulement survécurent, ce qui explique l’extinction du nom de cette famille.

Parc du château

Tel qu’il est décrit en 1661, le jardin occupe à l’est de l’hôtel tout l’espace que nous connaissons sous le nom de place Aristide Briand. Sa topographie n’a pas changé. Une treille de muscat portée par treize colonnes de pierre était en partie adossée à ce mur et traversait le jardin. Ce jardin pourrait bien être le jardin clos médiéval parvenu sans grandes transformations jusqu’au XVIIe siècle.

Bibliothèque

On peut remarquer les portes anciennes. Cette salle contient un très grand nombre de volumes anciens ainsi que quelques incunables. Les portes des placards du XVIIIe siècle proviennent de l’ancienne pharmacie de l’hôpital, restauré en 1930.

 

Ecoutez l'histoire du Château de Simiane sur France Bleu Vaucluse

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Château de Simiane - Place Aristide Briand - 84600 Valréas